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Le parcours de l’abbé Paul Aulagnier

Le parcours de l’Abbé Paul Aulagnier

Mon parcours !

Je suis né dans une famille catholique. On disait de mon père qu’il avait « la foi du charbonnier ». De fait, il ne cherchait pas à approfondir sa foi. Je ne l’ai jamais vu un livre de théologie en mains. Mais il croyait fortement et soutenait son épouse dans toutes ses œuvres catholiques et sociales. Il l’accompagnait à la messe dominicale qu’il n’aurait pas manqué pour tout l’or du monde, et au fameux « congrès de Lausanne » de la Cité Catholique.

Ma mère était très généreuse et elle était sensible à la pauvreté.

C’est ainsi qu’elle décida un jour avec le soutien de son mari d’héberger toute une famille sicilienne qui habitait dans un quartier et une maison humide. Avec l’accord de son mari, elle reçut cette famille dans un appartement de l’immense maison que nous habitions. Mon père était notaire.

Il était passionné par son travail. Il était un travailleur acharné. Il était bon et juste. Il était un peu craint de ses belles filles, nouvellement admises dans la famille. S’il n’était pas passionné par les études théologiques, il soutenait les œuvres paroissiales. Il était aimé du curé. Il savait quitter un match de foot à la télévision pour aller écouter, à la demande de sa femme, les conférences de Carême du Père Carré. Il fallait le faire…

Ma mère, elle, était très pieuse, religieuse et aimée se cultiver en théologie. Elle lisait sans cesse les livres de Jean Daujat, le faisait venir à Ambert, ma ville, donner des conférences. Elle distribuait elle-même, en vélo, des tracts pour annoncer sa venue, par toutes les rues de la ville. Je dois ma vocation à sa foi et sa piété ardentes.

Après des études de droit à l’Université de Clermont-Ferrand, je partis au séminaire français à Rome pour faire mes études de philosophie et de théologie.

J’ai obtenu la licence de Philosophie et accompli ma première année de théologie. C’était en 1964. De 1964 à 1968, nous étions en plein Concile. Mgr Lefebvre, en tant que Supérieur des Spiritains – qui tenaient le séminaire français depuis sa fondation par le pape Pie IX – venait souvent au séminaire.

C’est dans ces circonstances que j’ai eu l’occasion de le rencontrer et de l’apprécier. Lorsqu’il prit la décision d’ouvrir un séminaire à Fribourg en Suisse, avec l’autorisation de Mgr Charrière, évêque de Fribourg, Lausanne, il m’en avertit, m’y convia. Mgr de la Chanonie, évêque de Clermont-Ferrand, mon diocèse, accepta que je le suive et change de séminaire, de Rome à Fribourg. Je passais ainsi d’une Université tenue par les Jésuites à une Université tenue par les dominicains.

Là, j’ai fort apprécié le Père Spicg, en exégèse, le Père Nicolas, en dogme, le Père Marie-Dominique Philippe, en philosophie aristotélicienne.

Je fus alors ordonné par Mgr Lefebvre le 17 octobre 1971. J’ai du passé un an en France pour des raisons familiales, je desservais l’école de Malvière, école de jeunes filles fondée par Melle Luce Quennette, personnalité très forte dont j’appréciais les articles publiés dans la revue Itinéraires. Je revins l’année suivante à Ecône, où Mgr Lefebvre me nommait professeur en Année de spiritualité et sous-directeur du séminaire.

J’y passais trois ans.
Puis en 1976, Mgr Lefebvre me nomma supérieur de District en France de la FSSPX (Fraternité sacerdotale Saint-Pie X). Cette fonction me passionna. J’y suis resté 18 ans, jusqu’en 1994.

Msg Lefebvre

Elu de nouveau par mes confrères lors du Chapitre général de 1994, j’ai essayé d’apprendre l’anglais pour visiter plus facilement les fondations de par le monde. En vain. Une place se libérant en Normandie, à Caen, au prieuré Saint Jean Eudes, j’y fus nommé. Deux merveilleux combats, ceux du Chamblac et de Lisieux, me passionnèrent… Moins les évêques !

Je les racontais dans le bulletin paroissial. Ils firent l’objet d’un livre intitulé « L’enjeu de l’Eglise : la messe ». J’y restais jusqu’en 2002, date à laquelle je fus nommé à Bruxelles.

Ne partageant plus les idées de Mgr Fellay sur sa politique romaine, à l’époque opposé à toute normalisation canonique avec Rome, ce qui ne veut pas dire que je prônais le ralliement au Concile Vatican II… j’ai donné ma démission d’assistant du Supérieur Général.

On me demanda d’aller faire une année « sabbatique » au Canada et, après un article publié dans un journal américain, « The Wonderer, où je défendais, de nouveau, ma position sur la nécessaire normalisation canonique avec Rome, on me pria de quitter la FSSPX. Je l’ai fort regretté.

Ce fut, la plus grande peine de ma vie. Revenu en France, je suis resté deux ans à Vichy, recueilli chez des amis. Puis en 2005, à l’appel de M. l’abbé de Tanoüarn, je suis remonté à Paris pour l’aider au Centre Saint Paul. C’est alors que la Providence, avec la bénédiction de Benoît XVI, permit la création de l’Institut du Bon Pasteur (IBP).

Je me suis uni à son apostolat, allé volontiers à Courtalain de Paris pour donner mon cours sur le « Combat de la messe » que la direction nommait pudiquement : « L’histoire récente de l’Eglise ». Il fallait, je pense, ne pas effaroucher les autorités épiscopales et romaines… Les circonstances l’obligeant et nullement en raison de mes compétences, j’ai dû assurer la direction de ce séminaire de 2013 à 2016. De là je suis revenu sur Paris et grâce au Motu Prorio de Benoit XVI, « Summorum Pontificum », Mgr Aumonier accorda à un groupe stable de fidèles, l’usage d’une belle petite église, à Rolleboise, que j’ai dû quitter en raison de mon âge, 75 ans, l’âge de la retraite.

M. l’abbé Laguérie m’avait confié, quelques temps auparavant, la prédication des Exercices spirituels de saint Ignace . Je m’y suis passionné. Pendant deux ans j’ai cherché en plus une maison pour installer l’œuvre. La Providence a guidé mes pas sur Thiviers, en Dordogne, au nord de Périgueux, au Couvent Saint-Paul, idéalement situé sur le chemin de Compostelle et facilement accessible. Grand et très beau Couvent que je m’emploie à restaurer et où je vous attends pour vous prêcher une belle retraite ignacienne très réconfortante ou tout simplement pour une nuit de pèlerin.

A bientôt.